Pôles de compétitivité
Rechercher :

Projet abouti

Ecotechnologies/environnement

Ratcom : un réseau générique d’alerte aux tsunamis et submersions côtières en Méditerranée

Mer Méditerranée, Risques, Solutions Communicantes Sécurisées, 

Copyright : Ratcom

Détecter les tsunamis à partir de mesures effectuées en mer et à terre, alerter les autorités et la population dans un délai inférieur à 15mn, transposer ce réseau à d’autres types d’alertes comme les inondations, feux de forêt ou séismes dans d’autres zones géographiques

Ce projet a été labellisé par les pôles Risques, Mer PACA et SCS. Il a bénéficié d’une subvention dans le cadre du 6e appel à projet du Fonds unique interministériel (FUI).

Le contexte

25% des phénomènes mondiaux de type tsunami se produisent en mer Méditerranée. C’est le constat du Groupe intergouvernemental de coordination pour le système d’alerte aux tsunamis en Atlantique Nord-Est et Méditerranée (SATANEM). Ces phénomènes sont locaux et rapides, ce qui rend difficile l’alerte précoce des autorités administratives et de la population. Ils imposent de travailler prioritairement sur la sensibilisation des populations menacées.

La gestion des risques locaux en matière de tsunami 

Le projet Ratcom avait comme objectif la gestion des risques locaux en matière de tsunami (ou raz de marée). Il visait à proposer des solutions pour limiter l’impact d’un tsunami en champ proche, c'est à dire à moins de 100 km des côtes, et sur les côtes. Le tsunami en champ proche est lié à un effondrement local, c'est-à-dire de type glissement sous-marin ou à un phénomène météorologique comme une tempête. Le littoral côtier méditerranéen se caractérise par la présence de nombreux canyons à forte déclivité et relativement instables au plan géologique. La focalisation du projet Ratcom sur la zone Méditerranée s’explique par la couverture géographique du SATANEM. Il s’explique aussi par la volonté d’étudier les tsunamis engendrés en champ proche. Ceux-ci peuvent survenir là où le relief sous-marin des zones côtières comporte des canyons au niveau du plateau continental, comme cela est le cas en Méditerranée mais pas uniquement.  

Ce système devait être capable de gérer l’alerte de bout en bout. Il devait détecter un danger par la modélisation du phénomène et de son impact sur la côte, puis  alerter la population.  Il devait aussi mutualiser les différentes composantes technologiques pour mettre au point un réseau générique capable de fonctionner dans d’autres zones géographiques ou d’autres types de risques tels que les inondations, les feux de forêt ou encore les séismes.

Les partenaires du projet :

 

 Les travaux menés

  • Une première phase de travaux a recensé les capteurs et les données existantes pour identifier les moyens disponibles les plus pertinents pour la détection d’un phénomène de type tsunami en champ proche. Puis les travaux ont porté sur la rédaction des spécifications du simulateur. Les tsunamis ont  heureusement, une faible occurrence. Pour mieux les connaître, il a été nécessaire pour calibrer et valider le réseau de détection, de le coupler à un simulateur dont le rôle est de se substituer aux capteurs physiques. Il s’agissait d’injecter dans le système des données capteurs simulant de façon réaliste la présence d’un phénomène tsunami. Cette phase de travaux a aussi permis de rédiger les dossiers de spécification fonctionnelle des différents modules de la composante alerte à la population. 
  • La deuxième phase a porté sur le développement et l’implémentation des différents sous-systèmes du réseau. Le cas particulier de l’effondrement de l’extension sud de l’Aéroport de Nice en 1979 a été étudié comme cas pratique. Il avait engendré un tsunami provoquant le décès de plusieurs personnes. Il a fait l’objet d’un scénario particulier qui a été étudié, tant au niveau de l’alerte, que de l’impact sur la côte. Sur cette base, plusieurs scénarios représentatifs d’un tsunami en champ proche ont été modélisés et introduits dans la base de référence du système de détection. Ces différents scénarios couvrent les cas les plus typiques du phénomène. Parmi ces scénarios, le cas de l’effondrement de l’aéroport de Nice en 1979 tient une place privilégié, parce qu’il représente un cas concret que tout le monde garde en mémoire et parce que, de ce fait, il a fait l’objet de la modélisation la plus poussée. Il ne constitue cependant qu’un scénario parmi d’autres et une typologie parmi d’autres.   

Résultats, produits, prototypes, démonstrateurs, services issus des travaux de R&D

  • Le projet a permis de développer un système d’alerte pour les risques tsunamis et côtiers articulé autour de deux composantes fonctionnelles majeures :
    • une composante montante dont la fonction essentielle est de délivrer, à partir de traitements automatiques sur les mesures collectées en mer et à terre, une information qualifiée et coordonnée d’alerte au risque tsunami minimisant en particulier le taux de fausse alarme. En complément de ces traitements temps réel, des outils d’aide à la décision basés sur la modélisation et la simulation ont été élaborés et mis à la disposition des organismes chargés de gérer les crises et de déclencher les interventions
    • une composante descendante, dont la fonction essentielle est de proposer des moyens de communication performants et fiables permettant de transmettre l’alerte en réseau local, puis en diffusion de masse. Elle comprend un réseau de télécommunication sécurisé pour les professionnels appelé Secunet, de type Extranet, offrant des services adaptés et relié à des réseaux de diffusion des messages vers la population : sirènes (Réseau National d'Alerte), réseau des mobiles utilisant différentes technologies innovantes (dont certaines par satellite), radio et télévision, panneaux d'affichages électroniques.

Un des résultats concrets du projet est la livraison d’un démonstrateur permettant de valider les concepts de détection et d’alerte étudiés et conçus dans le cadre du projet. Parmi les différents sous-systèmes constituant le démonstrateur, deux sont dès à présent commercialisables : le réseau de capteurs portuaires et le réseau de vigilance Secunet. En revanche le démonstrateur en tant que système global n’a pas encore atteint un niveau de maturité suffisant. Une phase complémentaire d’extension et de validation est encore nécessaire pour le faire passer à un état opérationnel.

  • Brevet : 1 enveloppe Soleau déposée
  • Conférence internationale : 1
  • Création d’emplois : 1 CDD, 3 postes CDD pérennisés en CDI
  • Perspectives : le travail va se poursuivre pour l’exploitation des résultats et des produits générés au niveau national et international, conformément aux accords de consortium. Au plan commercial : les capteurs portuaires conçus, réalisés et déployés dans le cadre de RATCOM peuvent être commercialisés sous forme d’un service d’information de niveau d’eau en temps réel. Ils sont susceptibles d’intéresser les capitaineries des ports. Des discussions sont en cours entre certains partenaires du projet pour étudier comment bâtir cette offre.  Indépendamment d’une offre de service, les capteurs de niveau d’eau eux-mêmes sont commercialisables. Le réseau Secunet peut lui aussi faire l’objet d’une offre commerciale ou être réutilisé en tant que composant en charge de l’alerte dans le cadre d’un projet opérationnel. Le fait que ce réseau ne soit pas spécifique au risque tsunami et le fait que sa conception permette une interconnexion simple avec des vecteurs d’alerte pré-existants (sirènes etc.) en font une solution d’alerte exploitable dans des nombreux contextes.

Les pôles de compétitivité
DATAR et Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie

http://competitivite.gouv.fr/index.php?id=576