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Chimie verteEcotechnologies/environnement

Ecopaint PACA : mise au point de peintures marines antisalissures non toxiques pour les navires.

Mer Méditerranée, 

Plaques revêtues de peintures. Test en immersion en situ (Arsenal Mourillon à Toulon). Copyright Mer Paca

Des peintures marines efficaces contre l’accrochage de salissures marines, plus respectueuses de l’environnement, permettant une meilleure « glisse » sur l’eau.

Le projet Ecopaint a été labellisé par la pôle Mer PACA. Il a bénéficié d'une subvention dans le cadre du 4e appel à projets du fonds unique interministériel (FUI).

Trouver un système antisalissure moins toxique pour les navires

Toute surface immergée dans l’eau de mer est rapidement recouverte de salissures marines, ce qui a un impact environnemental et économique. L’entretien plus fréquent des coques des navires entraine des surcoûts et le ralentissement de la vitesse des bateaux occasionne une surconsommation de carburant. Il existe près de 4 000 espèces de salissures marines différentes et connues pour coloniser les surfaces immergées. Le moyen le plus utilisé actuellement pour lutter contre leur accrochage sur la coque des navires est d’appliquer une peinture marine antisalissure. Des années 60 aux années 80, les peintures à base d’étain ont connu un succès majeur du fait de leur très grande efficacité. Malheureusement, elles se sont avérées être extrêmement toxiques envers des organismes non visés. L’impact environnemental important a conduit à l’interdiction du TBT (Tributylétain), composant essentiel de ces peintures.

Aujourd’hui l’enjeu est donc de trouver un équivalent aux peintures existantes, tout en limitant leurs effets nocifs sur l’environnement. Le projet Ecopaint PACA s’inscrit dans cette optique.

Un projet porté par un consortium national à visée internationale

Le projet Ecopaint PACA, labellisé par le pôle de compétitivité Mer PACA, a été financé dans le cadre du 2ème appel à projets du FUI. Le porteur de projet est l’Université du Sud Toulon-Var, plus particulièrement le Laboratoire de Recherche MAPIEM (MAtériaux Polymères-Interfaces-Environnement Marin). Parmi les autres partenaires, on trouve DCNS (maître d’œuvre des systèmes navals de défense), l’Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (Ifremer) et enfin la société Blancolor S.A., fabricant de peintures bâtiment.

Au regard des objectifs scientifiques et techniques du projet, il était important de rassembler des compétences aussi diverses que des biologistes et des écotoxicologistes (Ifremer, MAPIEM) ; des chimistes et physico-chimistes, spécialistes des molécules et macromolécules organiques (MAPIEM) ; des spécialistes en formulation de peintures en phase aqueuse (Blancolor, MAPIEM) ; ainsi qu’un maître d’œuvre (DCNS) impliqué dans l’exploitation opérationnelle des navires. Ces entités constituent, par leurs compétences et leur complémentarité, un consortium national à visée internationale.

Une stratégie visant à mettre au point une peinture marine moins toxique pour l’environnement

Dans le cadre du projet, les travaux ont porté sur les peintures antisalissures dites « auto-polissantes ». Ces peintures sont efficaces contre l’accrochage de salissures marines grâce aux substances actives qu’elles contiennent : les biocides. Ces derniers sont relargués progressivement par une usure contrôlée du revêtement dans le milieu marin. De ce fait, les biocides utilisés doivent être efficaces tout en étant le moins toxique possible. La stratégie mise en place s’articule autour de différents axes :

  • réduire ou éliminer les biocides toxiques dans le revêtement ;
  • réduire ou éliminer les solvants organiques en concevant des peintures en phase aqueuse. Il en existe très peu à l’heure actuelle sur le marché de la plaisance uniquement ;
  • évaluer les potentialités des nouvelles substances actives (peu ou non toxiques) ;
  • favoriser l’efficacité des performances hydrodynamiques en réduisant le coefficient de friction du revêtement (amélioration de la glisse sur l’eau).

Premières retombées technologiques et économiques

  • Résultats, prototypes, démonstrateurs, issus de la R&D : la conception et les tests sur près de 90 peintures en phase solvant et 100 peintures en phase aqueuse ont été entreprises. L’efficacité des peintures marines est évaluée en immersion in situ. Les solutions plus prometteuses ont fait l’objet d’une évaluation complète de leur impact sur l'environnement marin. Au total, 30 formulations ont été testées. Elles ont démontré une efficacité antisalissure marine sur plus de 24 mois. Une molécule active issue du milieu naturel semble très prometteuse.
  • Publications : en cours de rédaction
  • Conférences, colloques : perticipation à 3 congrès internationaux
  • Création d'emplois : 6 contrats à durée déterminée
  • Perspectives :
    • la poursuite des immersions sur site naturel et sur bateau. La Marine nationale a notamment donné sont accord pour des essais sur des bâtiments militaires de rang 1 ;
    • le développement de revêtements permettant de réduire la traînée hydrodynamique ;
    • la proposition d’un protocole d’évaluation de l’efficacité antisalissure des revêtements par la France à la CE dans le cadre de la directive biocides (collaboration avec le projet Paintclean).

Lettre d'information

Les pôles de compétitivité
DATAR et Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie

http://competitivite.gouv.fr/index.php?id=576