
Messieurs les président de pôles, Messieurs les directeurs de pôles, Mesdames et Messieurs, Monsieur le délégué interministériel, messieurs les directeurs généraux
Je voudrais remercier Pierre Dartout, délégué interministériel à la Datar, Luc Rousseau, directeur général de la compétitivité, de l’industrie et des services, et Ronan Stephan directeur général pour la recherche et l’innovation, d’avoir organisé cette rencontre.
Je suis particulièrement heureux d’être parmi vous aujourd’hui. Je me souviens très bien de la précédente journée des pôles, qui s’est tenue le 30 juin 2009, lors de laquelle j’ai annoncé la phase 2.0. J’ai eu l’occasion depuis d’approfondir cette thématique et de saisir à quel point la politique des pôles de compétitivité est riche et complexe, et combien vous êtes impliqués avec passion dans le dispositif, je tenais à vous en remercier et à vous en féliciter.
La clôture de cette matinée me donne aussi l’occasion de vous faire partager ma vision des pôles, avec mon regard particulier de ministre en charge de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire. La première chose c’est que les pôles de compétitivité et les territoires sont indissociables. La dimension territoriale des pôles de compétitivité est un point essentiel de leur succès. Car vous savez bien que leur démarche ressort d’une logique de polarisation qui favorise et permet des rapprochements fertiles entre des acteurs proches. Il y a une dynamique locale à structurer : voilà le fondement, à partir duquel on peut définir une stratégie plus large.
Je pense aussi que l’exigence d’excellence des pôles n’est nullement contredite par leur nombre. Non, il n’y a pas trop de pôles de compétitivité en France ! Je dirais même qu’il en faudrait davantage encore ! Il n’y a pas de nombre maximal a priori. N’oublions pas que notre pays est la 5ème économie du monde et que nous avons des compétences qui sont bien réparties sur l’ensemble de notre territoire. Dans un esprit d’excellence, c’est aussi la diversité que je veux encourager ! Pour cela, nous devons chercher à décloisonner, et surtout soutenir indéfectiblement une meilleure collaboration entre la recherche et l’enseignement supérieur. A la clé, nous avons des parts de marché à gagner ! Mais soyons attentifs à garantir un niveau d’exigence et d’excellence à travers des évaluations permanentes et des contrats de performance.
Enfin, en tant que Ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire, je considère qu’il est de ma responsabilité d’accompagner chaque territoire dans sa démarche de croissance et de compétitivité. J’ai mis en œuvre pour ce faire, d’une palette d’outils bien étoffée autour des pôles de compétitivité, des grappes d’entreprises et des pôles d’excellence rurale.
A l’évidence, pôles et territoires sont en interaction et s’apportent mutuellement des services. Cet échange est un potentiel de richesses pour la compétitivité de notre tissu industriel. La concentration d’entreprises, de matière grise, de ressources humaines, d’intelligence est une chance pour nos territoires. De fait, les pôles favorisent la création d’emplois et permettent également de fixer ces emplois. Marqueurs de l’attractivité des territoires, ils ont également une action positive sur l’implantation et l’ancrage des entreprises. En retour, les collectivités territoriales s’investissent fortement au service des pôles par leur participation financière, par la mise en place d’un « écosystème » favorable pour le portage de politiques de développement économique, ainsi que par la gestion des compétences et des emplois qui dans l’écosystème des pôles joue un rôle déterminant.
On oppose trop souvent excellence nationale et ancrage territorial.
Les pôles de compétitivité, qui constituent le dispositif de soutien à l’innovation le plus reconnu aujourd’hui, sont une politique fondée sur le territoire. C’est ensuite, en mettant en réseau ces pôles, que l’on obtient des groupes et des actions sectorielles efficaces, impliquant enfin les PME, avec l’appui des collectivités territoriales.
En outre, l’expérience montre qu’une part significative de l’innovation repose sur la rencontre et les échanges entre des acteurs de secteurs, technologies et profils différents. Nous avons besoins de développer les échanges intersectoriels, et notamment sur des croisements qui ne sont pas encore usuels : l’innovation vient des rencontres nouvelles et imprévues, créatrices de richesse. On doit faciliter ces échanges par des relations entre pôles de secteurs différents, mais surtout au niveau du territoire, de manière ouverte. Dans cet objectif, le rôle des campus et des plateformes, que vous avez abordé dans la seconde table-ronde, est essentiel.
Je sais que les coopérations inter-pôles existent, que de nombreuses relations se sont établies, et que les outils actuels permettent de les soutenir. Ce sont autant d’initiatives qui devraient conduire formellement :
Je crois qu’il faut aller plus loin dans le soutien porté aux entreprises. C’est le sens de l’engagement que j’ai pris en faveur des grappes d’entreprises.
Car les pôles de compétitivité ne couvrent pas tous les domaines de l’activité économique :
L’appel d’offre que j’ai lancé le 29 octobre, et qui est mis en œuvre par la DATAR, a été un succès. 112 demandes ont été déposées en métropole et outre-mer. Elles mettent en évidence les complémentarités et les articulations avec les pôles de compétitivité. Un comité d’experts indépendants, dont font partie plusieurs responsables de pôles ici présents, a déjà évalué positivement une partie d’entre elles comme étant des grappes exemplaires.
L’instruction se poursuit, et j’annoncerai les lauréats en février.
D’ores et déjà et d’ici la fin de la phase 2.0, certains points méritent une attention renforcée :
Pour être vraiment porteurs de croissance et d’emplois, les pôles doivent conduire non seulement à des évolutions technologiques mais également à des évolutions dans les savoir-faire au sein des entreprises. Pour opérer ces évolutions, il est essentiel de former les salariés des entreprises concernées.
Les pôles de compétitivité ont prouvé leur capacité à générer des programmes de recherche-développement collaboratifs. Il faut maintenant qu’ils prouvent leur capacité à créer des emplois à partir de ces programmes de recherche. Et la meilleure façon de créer des emplois, c’est de s’assurer que le lien entre recherche et industrie soit optimal. C’est un métier très difficile que de passer du laboratoire à l’industrie. C’est pourquoi la création d’équipes dédiées dans les régions sera soutenue pour favoriser ce passage des projets et des résultats de la recherche à la phase industrielle.
Outre une sensibilisation à la question du financement, qui a été mise en place via les contrats de performance, les acteurs des pôles de compétitivité, en particulier les PME, doivent impérativement avoir un meilleur accès au financement privé (Business Angels, Capital Risque…).
Cet objectif passe aussi par la mobilisation du FSI grâce aux plateformes régionales de financement, mises en place par OSEO et la CDC. Ces plateformes devront concourir à cet objectif. Elles ont donc vocation à accueillir d’autres acteurs clés du financement de l’économie en région.
Pour atteindre la fameuse masse critique qui est garante de l’attractivité internationale, les pôles de compétitivité français doivent impérativement être des acteurs moteurs dans la création des réseaux de clusters en Europe et au-delà, sur des thématiques sectorielles ou horizontales (par exemple : matériaux composites avec aéronautique) ou pour faire émerger des marchés nouveaux. En termes de coopération européenne, la question de la gouvernance est cruciale. Ainsi, la mise en place d’Ambassadeurs des pôles, sur le modèle imaginé par le cluster dano-suédois Medicon Vallley, est un des exemples du rapprochement européen. Pour conclure, je voudrais sur des points que vous avez tous en tête actuellement et aux sujets desquels vous vous posez à juste titre des questions.
Les décisions du gouvernement devaient être annoncées le mois dernier mais un complément d’instruction est nécessaire. Il faut s’assurer que l’exigence d’excellence est respectée sans sanctionner pour autant. Chaque pôle sera accompagné individuellement dans sa démarche de reconversion si le label n’est pas maintenu. Les décisions devraient donc intervenir avant la fin du premier semestre 2010 à l’occasion d’un CIACT. Le sujet est important, et nous tenons à la qualité de cette évaluation.
La décision de labellisation interviendra en même temps que l’annonce concernant les 13 pôles du groupe 3. L’objectif est de garder les meilleurs dossiers, ceux qui associent enjeu économique, technologique et structuration, et d’accompagner le maximum de pôles délabellisés selon trois pistes :
Au-delà de cet appel à projets, je souhaite que la volonté de soutenir de manière renforcée le développement des écotechnologies soit commune à l’ensemble des pôles.
Je serai particulièrement attentif au pilotage de la politique des pôles de compétitivité. Car je considère que c’est un élément déterminant pour l’aménagement du territoire et les structures économiques de notre pays. C’est à partir du terrain et des initiatives locales, quelle que soit leur taille, que nous nous donnerons les moyens de nourrir et de porter à terme une stratégie nationale voire internationale.
Investissements d'avenir – R&D structurants
Jusqu'au 15 janvier 2013
Vie des pôles
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Propriété intellectuelle
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29 avril au 30 juin
4 juin au 8 juin
Les pôles de compétitivité
DATAR et Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie
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